
Le lever du jour à Yaongonda, ce dimanche, avait une résonance particulière. Les premiers rayons du soleil se reflétaient sur les eaux calmes de la rivière que les habitants traversaient déjà dès l’aube. Hommes, femmes, jeunes et enfants se pressaient, vêtus de leurs plus beaux habits de fête, pour accueillir celui qui est désormais le fils-prêtre du village : le Père Jean Wenda, religieux de la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus (Scj).
Cette traversée matinale, simple en apparence, prenait ce jour-là un parfum symbolique : franchir la rivière, c’était franchir une étape de l’histoire du village, marquée par la joie et la fierté de voir l’un des siens consacré au service de Dieu et de l’Église.

L’entrée triomphale au village
Dès que le Père Jean fit son entrée dans le village, les ovations fusèrent de toutes parts. Les cris de joie, les danses et les chants traditionnels accompagnaient chaque pas du cortège. Les anciens du village, la tête haute et le regard brillant d’émotion, se souvenaient des années d’enfance de celui qu’ils voyaient aujourd’hui revêtu du vêtement sacerdotal. Les jeunes, eux, voyaient dans cet événement un signe d’espérance : Dieu continue d’appeler au milieu de leur terre.

La foule débordante traduisait à elle seule la profonde gratitude d’un peuple qui voyait son fils revenir comme ministre de l’Évangile, porteur d’une mission universelle mais enracinée dans les réalités de sa terre natale.
La messe d’action de grâce

Le moment le plus solennel de cette journée fut sans nul doute la messe d’action de grâce, célébrée dans la cour de la chapelle Saint Augustin de Yaongonda. L’autel, sobre mais magnifiquement décoré, se dressait au milieu d’une assemblée rassemblée sous les palmiers et les manguiers.
La célébration fut présidée par le Père Jean Wenda, Scj, entouré de plusieurs confrères prêtres et religieux venus partager cette joie. L’homélie fut prononcée par le Père Gabriel Mbelia, Scj, curé de la paroisse Saint Gabriel. S’inspirant des lectures du jour, il rappela l’actualité et la pertinence des paroles de Ben Sirac, tirées de la première lecture : « Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité, et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur. Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur. » (Si 3, 17-18).

Le prédicateur souligna que ces paroles n’étaient pas seulement destinées au nouveau prêtre, mais à chacun des fidèles. Dans un monde marqué par l’orgueil et la recherche de gloire, Ben Sirac nous indique le chemin de la vraie grandeur : l’humilité. Et il ajouta avec force : « Aujourd’hui, Yaongonda fête l’un de ses fils, mais notre joie ne doit pas se transformer en vanité. Elle doit plutôt être l’occasion de reconnaître que Dieu élève les humbles et comble de sa grâce ceux qui se font petits devant lui. L’homélie, ponctuée d’exemples concrets de la vie quotidienne, trouva un écho particulier dans l’assemblée. Les parents, les jeunes, les enfants, tous se sentaient interpellés par cet appel à marcher dans l’humilité. Comme le rappela le Père Mbelia, « le sacerdoce lui-même n’est pas une promotion humaine, mais un service offert dans l’effacement, à l’image du Christ qui s’est abaissé jusqu’à donner sa vie ».
Le partage fraternel
Après la messe, la fête continua dans un esprit de fraternité et de convivialité. C’est au domicile du Père Jean Wenda, Scj, que se tint le partage fraternel. Tables garnies, boissons locales et mets traditionnels circulaient de main en main. Les chants, les danses et les conversations joyeuses se prolongeaient, tissant les liens d’une communauté soudée autour de la foi et de l’amitié.
Ce moment de partage fut aussi l’occasion de nombreux témoignages : des parents exprimant leur fierté, des catéchistes rappelant l’itinéraire spirituel du nouveau prêtre, des amis évoquant les années de jeunesse et de formation. Chaque parole venait enrichir ce grand récit communautaire qui fait mémoire et trace un chemin pour l’avenir.
Une mémoire vivante pour le village
Cette journée restera gravée dans l’histoire de Yaongonda. Elle est bien plus qu’une fête : elle est le signe d’une Église vivante, enracinée dans ses traditions mais ouverte à l’universel. Elle rappelle que la vocation d’un fils est le fruit d’une communauté tout entière qui prie, qui espère et qui soutient. En accueillant son fils devenu prêtre, Yaongonda a aussi célébré la fidélité de Dieu, qui ne cesse de susciter des témoins au cœur même des villages les plus reculés. Et comme le disait Ben Sirac, repris dans l’homélie : « Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser. » Un message qui résonnera longtemps dans les cœurs, et qui donne à cette journée son parfum d’éternité.


