Textes : Is 7, 10-16 ; Ps 23 (24) ; Rm 1, 1-7 ; Mt 1, 18-24
Freères et sœurs shalom !
Nous voici au seuil de Noël. Dans quelques jours, Dieu se fera chair, petit enfant déposé dans une mangeoire. Et aujourd’hui, la liturgie nous invite à poser notre regard non pas sur Marie, mais sur Joseph, un homme discret, silencieux, mais d’une foi immense.
L’Évangile selon saint Mt 1, 18-24 que nous lisons en ce jour nous dit une chose essentielle: « Joseph, son époux, était un homme juste… » Être juste, dans la Bible, ce n’est pas d’abord respecter la loi à la lettre. Être juste, c’est se tenir ajusté à Dieu, ouvert à sa volonté, même quand elle dérange nos projets. Joseph avait des projets simples et beaux: une vie paisible avec Marie. Et voilà que tout s’effondre. Marie est enceinte, et Joseph ne comprend pas. Il n’accuse pas, il ne crie pas, il ne se venge pas. Il choisit une voie de miséricorde et de respect: la renvoyer en secret.
Mais Dieu intervient précisément là, au cœur de sa nuit intérieure. Dans le silence d’un songe, l’ange lui dit: « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse.» Joseph apprend que Dieu agit autrement que ce qu’il avait imaginé. Il apprend que Dieu écrit droit avec des lignes qui nous semblent courbes. Et alors, Joseph fait quelque chose de bouleversant par sa simplicité: « Il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit. » Pas de discours. Pas de protestation. Pas de conditions. Joseph obéit, il fait confiance, il accueille l’inattendu de Dieu.
Chers frères et sœurs, Joseph nous rejoint profondément. Combien de fois, nous aussi, avons-nous des projets bien établis… et voilà que la vie nous déroute: une mutation ou une nomination, une épreuve, une maladie, une situation familiale compliquée, une incertitude pour l’avenir nous déroute. Comme Joseph, nous sommes tentés de nous replier, de nous protéger, de renoncer.
Et pourtant, l’Avent nous redit: Dieu est à l’œuvre, même quand nous ne comprenons pas. Dieu nous demande non pas de tout saisir, mais de lui faire confiance. Joseph n’a pas tout compris, mais il a accueilli. Il a accueilli Marie. Il a accueillie l’enfant Jésus. Il a accueilli une mission qui le dépasse: être le gardien du Sauveur. En faisant cela, il devient le premier homme à appeler Jésus par son nom, le premier à lui offrir une maison, une protection, une présence paternelle.
À quelques jours de Noël, l’Évangile nous pose une question simple et exigeante: Quelle place laissons-nous à Dieu quand il vient déranger nos plans? Demandons aujourd’hui la grâce de Joseph: la grâce du silence intérieur, la grâce de la confiance, la grâce de l’obéissance du cœur. Alors, comme lui, nous verrons Dieu naître non seulement à Bethléem, mais au cœur même de nos vies.
P. Norbert MASAZE, Scj

