Textes de méditation : Gn 12, 1-4a ; Ps 32 (33) ; 2 Tm 1, 8b-10 ; Mt 17, 1-9
Bien-aimés de Dieu, shalom !
Dans l’Evangile de ce deuxième dimanche de Carême de l’année liturgique A, l’Eglise Universelle nous propose le récit de la transfiguration.
En effet, au début de sa mission, comme nous l’avons suivi le dimanche passé, c’était le diable qui avait conduit Jésus sur la montagne pour lui faire vivre l’expérience de la tentation. Aujourd’hui c’est Jésus qui conduit Pierre, Jacques et Jean sur la montagne pour leur faire vivre l’expérience de la transfiguration. « Il fut transfiguré devant eux… ».
En fait, transfigurer vient du grec metamorphoō qui signifie voir au-delà. Les disciples ont découvert, dans le visage humain de Jésus, un autre visage, un visage divin, celui de la gloire.
« Et voici que Moïse et Elie leur apparurent; ils s’entretenaient avec lui ». Dans le récit, il est mentionné la présence de ces deux grands personnages qui, sans nul doute, incarnent deux différentes expériences de la rencontre avec Dieu sur la montagne. Moïse a rencontré Dieu à travers le feu (Exode 19,18), alors qu’Elie l’a plutôt rencontré dans le murmure doux et léger (1Roi 19,12). C’est dire que l’on peut rencontrer Dieu dans la tempête; c’est-à-dire, dans le moment douloureux de la vie, mais aussi dans les situations sereines et de joie. Ainsi, Tabor peut devenir, par moment, un lieu de tentation mais aussi un lieu de transfiguration. Combien de fois arrivons-nous à reconnaître la présence de Dieu dans ces deux moments de notre existence terrestre ?
Certes, il nous est plus facile de reconnaître cette présence dans le moment de joie que dans le moment de peine. Que l’expérience de Moïse et celle d’Elie nous servent d’exemple aujourd’hui. C’est-à-dire, savoir reconnaître la présence de Dieu aussi bien dans le moment de joie que dans le moment de souffrance ; car c’est cela la vraie foi. En effet, cette grande aventure de la foi a pour pionnier, à en croire la première lecture d’aujourd’hui, Abraham, notre père dans la foi.
Au demeurant, l’Evangile ajoute: « Ils levèrent les yeux et ne virent plus que Jésus seul ». Au fait, Moïse et Elie disparaissent, Jésus reste seul. Ainsi pour dire que tout l’Ancien Testament s’effondre dans le Nouveau Testament qui est Jésus. Désormais, tout doit être lu et interprété à la lumière du Christ. Et au Père d’ajouter : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute mon approbation: écoutez-le! ». En ce temps fort de l’Eglise, Dieu nous demande d’écouter son Fils pour que notre vie se transforme et rayonne de sa présence.
Dans cette optique, la transfiguration se comprend comme une imitation, combien pressante, à fixer notre attention sur les Ecritures. Car, « personne ne jeûne vraiment s’il ne sait pas se nourrir de la Parole de Dieu », nous rappelle le Pape Léon XIV. C’est en ce sens que nous serons des véritables collaborateurs dans les œuvres du salut. Car se mettre au service de l’Evangile, c’est entrer dès à présent dans la lumière du mystère pascal, nous rappelle Saint Paul dans sa deuxième lettre à Timothée dans la deuxième lecture de ce dimanche.
Puisse notre rencontre avec le Maître par excellence, le Christ, à travers sa Parole et l’Eucharistie (son Corps et son Sang), en ce temps de Carême, continuer à transformer notre vie pour ainsi transformer celle de toute personne qui nous rencontre.
Que Dieu nous prenne en grâce et nous y aide.
Père Clément MAHINDO, SCJ.

