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Méditations

Que ton Règne vienne : Méditation de la Solennité de Noël 2025

Textes de méditation : Is 52, 7-10 ; Ps 97 (98) ; He 1, 1-6 ; Jn 1, 1-18

« Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » (Jn 1,14). Par ces mots, l’Église proclame aujourd’hui le cœur du mystère de Noël : Dieu s’est uni pour toujours à l’humanité. Il ne s’agit pas seulement de la naissance d’un enfant, mais de l’engagement définitif de Dieu envers la condition humaine. Dès lors, toute vie humaine reçoit une dignité inaliénable, que rien ne peut justifier de mépriser ou de bafouer.

La première lecture du prophète Isaïe nous montre un peuple marqué par les ruines, l’exil et la violence. Pourtant, un messager arrive en courant : il annonce la paix, le salut, le retour de Dieu. Noël s’inscrit dans cette même histoire : Dieu ne se détourne pas d’un monde blessé, il y vient. Il choisit de demeurer au milieu d’un peuple fragile pour lui redonner espérance. Là où la vie semble écrasée, Dieu affirme qu’elle a du prix.

La lettre aux Hébreux approfondit cette révélation : autrefois, Dieu parlait par les prophètes ; désormais, il parle par son Fils. En Jésus, Dieu ne transmet pas seulement un message : il se donne lui-même. Le Fils est « le rayonnement de sa gloire, l’empreinte de son être ». Cela signifie que l’humanité assumée par le Christ devient le lieu même de la présence de Dieu. Toucher à l’homme, dès lors, ce n’est jamais un acte neutre : c’est toucher à ce que Dieu a choisi d’habiter.

L’Évangile de saint Jean va droit à l’essentiel : « Le Verbe s’est fait chair ». La chair, c’est la vulnérabilité, la dépendance, la fragilité de toute vie humaine. En entrant dans cette condition, Dieu proclame que rien de ce qui est humain ne lui est étranger. La lumière brille dans les ténèbres : les ténèbres de la guerre, de la misère, de l’exploitation, du mépris des plus faibles. Elles sont bien réelles, mais l’Évangile nous l’assure : elles n’auront pas le dernier mot.Noël devient alors un appel. Dans un monde où la vie humaine est trop souvent instrumentalisée, sacrifiée ou oubliée, la naissance du Christ nous demande de chanter l’hymne de la dignité humaine. Accueillir l’Enfant de Bethléem, c’est refuser l’indifférence, défendre la vie là où elle est menacée, reconnaître en chaque visage une présence de Dieu.

Frères et sœurs, célébrer Noël, ce n’est pas fuir la réalité, mais croire que Dieu a choisi de l’habiter. Que la célébration de la Nativité du Seigneur de cette année fasse de nous des hommes et des femmes qui respectent, protègent et relèvent la vie humaine, afin que le Verbe continue, aujourd’hui encore, à prendre chair dans notre monde.

P. Yanick-Dominique Nzanzu Maliro, Scj

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