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Méditations

LE SAINT SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST

Frères et sœurs bien-aimés, Shalom !

Aujourd’hui, l’Église nous invite à contempler le mystère central de notre foi : le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Ce que nous célébrons n’est pas un simple symbole, mais une présence réelle. Dans l’Eucharistie, c’est Jésus lui-même qui se donne totalement, réellement et substantiellement.

La première lecture évoque un personnage mystérieux : Melkisédek, le roi de Salem. Il offre du pain et du vin, bénit Abraham et le Dieu Très-Haut. Ce geste prophétique annonce déjà le sacrifice eucharistique ; non plus celui du sang des animaux, mais celui du pain et du vin consacrés, signes de paix, de justice et d’alliance. Melkisédek, prêtre-roi, nous montre que le sacerdoce, la royauté et la bénédiction sont liés. Le psaume 109 le confirme : « Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melkisédek. » Ce prêtre éternel, c’est le Christ, unique médiateur entre Dieu et les hommes, qui continue de s’offrir à chaque messe pour notre salut.

Dans l’évangile selon Saint Luc, Jésus accueille la foule, les enseigne, les guérit et finalement les nourrit. Cinq pains, deux poissons… et pourtant, tout le monde mange à sa faim. Ce miracle de la multiplication est une annonce, une préfiguration de l’Eucharistie. Jésus prend le pain, le bénit, le rompt et le donne ; exactement les mêmes gestes que lors de la dernière Cène. C’est le même geste que le prêtre accomplit à chaque messe célébrée. Le Christ continue aujourd’hui à nourrir son peuple. Dans ce geste de partage, Jésus nous révèle une vérité essentielle : Dieu ne nous abandonne jamais. Il ne nous laisse pas mourir de faim. Mais ce miracle demande aussi une réponse de notre part : être, à notre tour, du pain partagé pour les autres. Sommes-nous disponibles à l’être ?

Dans sa première lettre aux Corinthiens, Saint Paul nous transmet le cœur de la foi eucharistique : la Tradition. Ce qu’il a reçu, il le transmet. Et ce que nous faisons aujourd’hui, pendant chaque messe, c’est obéir au commandement du Christ : « Faites cela en mémoire de moi. » Mais faire mémoire, dans le langage biblique, ce n’est pas simplement se souvenir ; c’est rendre présent. À chaque messe, nous n’accomplissons pas simplement le souvenir d’un événement passé, mais nous entrons dans le mystère même de la Cène, de la Croix, de la Mort et de la Résurrection. C’est le même sacrifice qui est rendu présent pour notre salut. Frères et sœurs, recevoir le Corps et le Sang du Christ, ce n’est pas une habitude ; c’est une rencontre bouleversante. Jésus vient habiter en nous, nous transformer, nous unir à lui. Il nous invite à devenir eucharistie, c’est-à-dire, à vivre une vie donnée, offerte et partagée.

À l’heure où tant de personnes sont affamées de pain, de sens de la vie, d’amour et de justice, que cette fête nous recentre sur l’essentiel : le Christ vivant, donné pour nous. Ayons toujours à cœur cette parole du Pape François en son homélie du 18 juin 2017 : “L’Eucharistie n’est pas une récompense pour les parfaits, mais un remède pour les faibles. En adorant le Corps du Christ, nous apprenons à ne pas négliger les corps blessés de ceux qui souffrent”. Que notre manière de communier ne soit pas seulement un geste liturgique, mais une façon d’entrer dans le don de nous-mêmes, chaque jour. Que le Seigneur, dans ce sacrement d’amour, nous fortifie, nous pacifie, et nous envoie comme témoins de sa tendresse, pour que chaque messe célébrée transforme davantage notre monde.

P. Ignace TATSOPA AMANI, SCJ

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