Chers frères et sœurs, Shalom!
En cette solennité du Sacré-Cœur de Jésus, l’Église nous invite à contempler le cœur transpercé du Christ, ce cœur brûlant d’amour, ce cœur ouvert qui ne cesse de battre pour l’humanité. Et aujourd’hui, plus que jamais, ce cœur de Jésus est un appel urgent et prophétique. Nous vivons dans un monde blessé. Un monde où la haine divise les peuples, où la violence devient un langage courant, où l’égoïsme étouffe la solidarité, où l’être humain se replie sur lui-même au lieu de s’ouvrir à l’autre.
Face à ce constat douloureux, que nous dit le Sacré-Cœur de Jésus ? Il nous dit que l’amour reste plus fort que toutes les ténèbres. Il nous dit que Dieu n’a pas abandonné l’humanité, malgré nos infidélités. Il nous montre un chemin de compassion, de miséricorde, de pardon et de paix. Oui, frères et sœurs, le cœur de Jésus est un refuge pour ce monde fatigué, blessé, divisé. C’est là, dans ce cœur, que nous retrouvons la source du véritable amour, de l’unité, de la réconciliation. Ce n’est pas un amour idéalisé ou naïf, c’est un amour crucifié, un amour qui a souffert et qui a vaincu la haine par le don total de soi.
« Je chercherai moi-même mes brebis ». La première lecture nous présente un Dieu berger, un Dieu pasteur personnel, qui ne délègue: « C’est moi-même qui ferai paître mes brebis. » Le Seigneur ne reste pas indifférent à ceux qui s’égarent, qui tombent, qui souffrent. Célébrer le Sacré-Cœur, c’est, donc, célébrer un Dieu qui prend l’initiative, qui se penche sur notre misère, qui porte sur son cœur chacun de nous. Son amour n’est pas abstrait : c’est un amour qui va chercher la brebis perdue, qui soigne la blessée, qui fortifie la faible, et fait paître la vigoureuse.
« Le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ». Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous rappelle que cet amour de Dieu n’est pas mérité. Ce n’est pas parce que nous sommes justes que Dieu nous aime. C’est alors que nous étions encore pécheurs que le Christ est mort pour nous. Voilà le paradoxe-même du Sacré-Cœur : Dieu aime en premier, sans condition. Et cet amour, loin de nous laisser tels que nous sommes, nous transforme, nous relève, nous réconcilie avec Dieu. Ce cœur ouvert du Christ est la source de l’espérance chrétienne : l’amour de Dieu a été « répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint ».
Et Jésus, dans l’Évangile, raconte cette parabole bouleversante, celle de la brebis perdue. Il abandonne 99 brebis ; ce qui semble risqué, pour aller à la recherche d’une seule qui est perdue.
C’est ainsi que Dieu agit. Il ne calcule pas. Il ne dit pas : « Tant pis pour celle-là. » Il part, il cherche, il espère.
C’est l’image du Cœur de Jésus, un cœur qui bat pour chacun, un cœur qui souffre quand un seul de ses frères s’égare, et qui se réjouit intensément quand il le retrouve.
Il nous arrive aussi de nous perdre, de douter, de tomber. Mais l’Évangile nous rassure que le Christ ne se lasse jamais de nous chercher, de nous ramener sur ses épaules. Le Sacré-Cœur de Jésus est ce cœur brûlant d’amour qui ne se résigne jamais à perdre un(e) seul(e) de ses frères/soeurs.
Frères et sœurs, contemplons le Cœur de Jésus. Laissons-nous aimer. Laissons-nous guérir. Laissons-nous transformer, et devenons, à notre tour, des cœurs ouverts, des témoins d’un amour plus grand que la haine.
Disons avec foi, comme Marguerite-Marie Alacoque : « Seigneur, rend mon cœur semblable au tien. »
D. Victoire SIMUVA, scj

