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Que ton Règne vienne : Méditation du troisième dimanche de Pâques

Textes à méditer : Ac 2, 14.22b-33 ; Ps 15 (16) ; 1P 1, 17-21 ; Lc 24, 13-35

Frères et sœurs, shalom !

La Parole de Dieu de ce dimanche nous fait passer de la confusion à la clarté, de la tristesse à la joie, du doute à la foi, de la posture de l’homme abattu à l’homme redressé et debout. A ce niveau, un détail de la première lecture mérite toute notre attention : « Alors Pierre, debout avec les Onze… » (Ac 2,14). Ce mot est fort : Debout. Pierre se tient désormais dans une posture nouvelle. Lui qui, quelques jours plus tôt, tremblait devant une servante et reniait son Maître, le voilà maintenant debout, solide, assumé, parlant à voix haute devant la foule. On dirait que la résurrection du Christ ne change pas seulement les idées de Pierre, elle change sa posture intérieure et extérieure. Il passe de la peur à la force, du repli à la proclamation.

En effet, être debout, dans la Bible, c’est la position du vivant, du ressuscité, de celui qui est relevé par Dieu. Ceci fait écho au coeur même de ce que nous célébrons en Pâques, car le mot grec utilisé pour dire la résurrection est “anastasis” qui signifie littéralement “se lever”, se remettre debout. Pierre n’est donc plus l’homme écrasé par la faute ou paralysé par la peur, c’est l’homme redressé par la grâce. Et il n’est pas seul : il est « debout avec les Onze ». L’Église naît ainsi, dans une communauté de croyants relevés, unis, qui tiennent ensemble dans la foi et dans le témoignage.

À la lumière de cela, l’Évangile des disciples d’Emmaüs prend un sens particulier. Eux sont en marche, mais intérieurement, ils sont encore « à terre » : abattus, découragés, enfermés dans leur déception. Ils avancent, mais sans espérance. Et pourtant, à la fin du récit, après avoir reconnu Jésus à la fraction du pain, il est dit qu’« ils se levèrent à l’instant même » (Lc 24, 33). Voilà la Pâques comme passage : de la tristesse qui courbe à la rencontre qui relève. Ils deviennent, eux aussi, des hommes debout.

Frères et sœurs, la question nous est posée aujourd’hui : dans quelle posture sommes-nous ? Parfois, la vie nous plie : les épreuves, les échecs, les peurs, les « nous espérions… » (cfr. Lc 24,21) qui se transforment en regrets. Mais la Pâques du Christ vient nous remettre debout. Il est vrai qu’elle ne supprime pas nos blessures, mais elle nous donne de ne plus vivre à genoux devant elles.

Ainsi, être chrétien, ce n’est pas seulement croire en la résurrection, c’est en vivre : se tenir debout dans la foi, debout dans l’espérance, debout dans le témoignage. Debout pour dire, comme Pierre, que Jésus est vivant. Debout ensemble, en Église, pour porter cette espérance au monde.

P. Yanick-Dominique Nzanzu Maliro, Scj

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