Chers frères et sœurs, shalom !
« Rien par la force, tout par l’amour ». Cette parole de saint Jean Bosco éclaire admirablement la liturgie de ce quatorzième dimanche du Temps ordinaire. Dieu n’impose jamais son règne par la violence ou la contrainte ; il conquiert les cœurs par la douceur de son amour. C’est déjà ce qu’annonce le prophète Zacharie, dans la première lecture, en présentant un roi humble, monté non sur un char de guerre, mais sur un ânon, venu non pour écraser ses ennemis, mais pour établir la paix. En effet, la véritable puissance de Dieu ne réside pas dans la domination, mais dans l’humilité qui sauve.
Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous rappelle que cette douceur n’est pas faiblesse. Elle est la force de l’Esprit qui libère l’homme de l’esclavage de la chair, c’est-à-dire de tout ce qui l’enferme dans l’égoïsme, la peur et le péché. Et celui qui se laisse habiter par l’Esprit découvre une liberté nouvelle : celle d’aimer comme le Christ, sans violence ni esprit de domination.
La page de l’Évangile est l’une des plus belles des synoptiques. Jésus y révèle le cœur même de Dieu. Il bénit le Père d’avoir caché les mystères du Royaume aux sages et aux savants pour les révéler aux petits, puis il lance cette invitation qui traverse les époques : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ». Ici il sied de noter que le Christ ne supprime pas nos croix, mais il les porte avec nous. Son joug est léger parce qu’il est celui de l’amour, et l’amour rend supportable ce que la seule force humaine ne peut porter.
À une époque où la brutalité, la guerre, l’orgueil et la recherche du pouvoir semblent souvent l’emporter, le Christ nous montre un autre chemin. Le monde croit que la force change les hommes ; l’Évangile affirme que seul l’amour les transforme véritablement. Voilà pourquoi le disciple du Christ est appelé à vaincre le mal non par la violence, mais par la douceur, à convaincre non par la contrainte, mais par le témoignage. Car, en définitive, rien ne convertit un cœur comme un amour vécu jusqu’au bout.
P. Yanick-Dominique Nzanzu Maliro, Scj

