
Frères et sœurs shaloom ! L’Évangile de ce dimanche nous présente une parabole étonnante : celle de l’intendant malhonnête. Cet homme, sur le point de perdre son emploi, se montre habile pour préparer son avenir en se faisant des amis avec l’argent de son maître. Jésus ne loue pas sa corruption, mais son intelligence et sa prévoyance. En d’autres termes, si les enfants de ce monde savent se montrer rusés pour garantir leurs intérêts terrestres, pourquoi les enfants de la lumière ne feraient-ils pas preuve de la même intelligence pour préparer leur salut éternel ?
Au cœur de ce texte, Jésus nous met devant une vérité radicale : « Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’argent ». L’argent n’est pas un ennemi ; il est même nécessaire à notre vie. Mais tout dépend de la manière dont nous le cherchons et dont nous l’utilisons. Quand il devient une idole, il nous détourne de Dieu et nous rend esclaves. Quand nous le cherchons par des voies injustes — corruption, fraude, exploitation — il finit par nous détruire. Mais quand nous le gagnons par le travail honnête et dans la justice, il peut devenir un instrument de vie, de partage et de communion.
Le prophète Amos, dans la première lecture, dénonce avec force ceux qui trichent sur la balance, qui profitent des pauvres et qui ne pensent qu’au gain facile. Aujourd’hui encore, cette parole résonne avec actualité : combien de familles sont écrasées par l’injustice économique, combien de jeunes perdent espoir parce que certains choisissent l’argent rapide et sale !
Saint Paul, quant à lui, invite à la prière universelle. Il nous rappelle que l’argent ne doit pas enfermer notre cœur dans l’égoïsme, mais au contraire nous ouvrir à Dieu et aux autres. La vraie richesse, c’est un cœur pur et tourné vers l’amour.
Alors, frères et sœurs, cherchons l’argent, oui, mais par les voies honnêtes : par le travail digne, la créativité, la solidarité. Et utilisons-le pour servir la vie, pour soutenir nos familles, pour aider les pauvres, pour faire grandir l’Église. L’argent n’est qu’un moyen ; Dieu seul est notre fin.
Demandons la grâce d’avoir un cœur libre, capable de mettre l’argent à sa juste place : comme un serviteur utile, et jamais comme un maître tyrannique. C’est ainsi que nous préparerons, avec intelligence et fidélité, notre véritable avenir : le Royaume des cieux.
Père Yanick-Dominique Nzanzu Maliro, Scj

