Lectures : 2 S 5, 1-3 ; Ps 121(122) ; Col 1, 12-20 ; Lc 23, 35-43
Chers frères et sœurs, shalom!
En cette fin de l’année liturgique, l’Église nous invite à tourner notre regard vers le Christ et à reconnaître en lui le Roi de l’Univers. Sans lui et sans sa parole, notre vie perd son sens et sa valeur, car il est le Maître du temps et de l’histoire.
Dans la première lecture, nous voyons qu’Israël a besoin d’un roi. Les anciens du peuple choisissent David, le consacrent et l’oignent comme roi à Hébron. Cet événement nous rappelle que toute communauté a besoin d’un guide, d’un protecteur, d’un berger. Le règne de David fut marqué par deux grandes réalisations : l’unification des tribus du Nord et du Sud en un seul peuple, et la centralisation du culte de Dieu à Jérusalem. Son règne resta gravé dans les mémoires, au point que son peuple en gardera longtemps la nostalgie.Bien des siècles plus tard, Dieu envoie son Fils, Jésus, né de la lignée de David. L’ange Gabriel annonce : « Il sera grand, on l’appellera Fils du Très-Haut » (Luc 1, 32). Les mages viennent adorer le roi des Juifs nouveau-né (Matthieu 2). Jésus lui-même se présente comme le Messie, mais d’une manière différente de ce que le monde attend : il est le Bon Berger, prêt à donner sa vie pour ses brebis.
L’Évangile nous montre pourtant combien Jésus fut méconnu et rejeté par les siens. Mis à l’épreuve, crucifié comme un criminel, il demeure jusqu’au bout celui qui pardonne. Saint Luc souligne avec force cette grâce du pardon que Jésus accorde à ses bourreaux, malgré la souffrance. Par ce pardon, nous sommes réconciliés avec le Père.
Dans la deuxième lecture, saint Paul nous invite à rendre grâce : par le Christ, Dieu fait de nous des héritiers de la vie divine. Jésus est l’image du Dieu invisible, le Chemin qui mène au Père. Il a été choisi avant tous les siècles pour être le Seigneur de tout ce qui existe : « Tout est créé par lui et pour lui » (Col 1, 16). Cette profession de foi affirme que le Christ est vraiment le Roi de l’Univers, Roi de paix, d’amour et de justice.
Notre société, nos vies, nos familles ne peuvent trouver leur saveur sans le Christ. Les crises que nous traversons, collectivement et personnellement, viennent souvent du fait que nous avons mis de côté le Christ et sa parole.
En cette solennité, demandons la grâce de reconnaître le Christ comme le centre, la lumière, le sel qui donne sens à notre vie. Proclamer sa souveraineté, c’est le laisser régner sur nos vies, nos sociétés, nos intelligences et nos volontés. Que le Christ règne dans nos cœurs pour que nous soyons plus compatissants envers ceux qui souffrent.Et que son Règne vienne, sur la terre comme au ciel.
P. Jerry MWEMBO MUTEBA, Scj

