Textes de méditation : Ex 22, 20-26 ; Ps 17 (18) ; 1 Th 1, 5c-10 ; Mt 22, 15-21
Chers frères et sœurs, shalom !
L’évangile de ce dimanche nous rapporte la controverse où un pharisien, docteur de la loi, interroge Jésus pour le mettre à l’épreuve en lui demandant quel est le plus grand commandement parmi les 613 prescriptions de la tradition juive. Jésus, après avoir réduit au silence les sadducéens, les pharisiens se réunissent pour le tester sur son rapport avec la loi. Ce dernier évoque pour eux un commandement primordial qui engage la volonté, la force vitale et l’intelligence : le commandement d’amour ; aimer d’abord le Seigneur. Jésus y associe instantanément un second qui ressemble au premier : aimer son prochain.
En effet, Jésus veut nous montrer que ces deux commandements dépendent de la loi et des prophètes, c’est-à-dire, l’ensemble de l’Ecriture Sainte trouve sa boussole et son aboutissement dans l’amour. Il évite ainsi le piège des pharisiens qui cherchaient à hiérarchiser et à multiplier les interdits. Pour ce faire, il recentre toute la vie morale et spirituelle sur la relation dynamique et non sur une comptabilité de règles. C’est ainsi que dans l’inséparabilité de l’amour vertical et horizontal, on ne peut pas prétendre aimer Dieu si l’on néglige son prochain. L’amour du prochain est le lieu de vérification de l’amour envers Dieu. L’amour de soi sera alors équilibré, sain, respectueux et devient la mesure concrète pour regarder et estimer la dignité de l’autre.
Dans la deuxième lecture, saint Paul félicite les croyants de Thessalonique pour leur foi exemplaire, née au milieu des épreuves. Il rappelle cependant aux Thessaloniciens la manière dont lui, Silas et Timothée se sont comportés parmi eux. Ce comportement désintéressé et rempli de la puissance de l’Esprit Saint a provoqué une transformation radicale chez les auditeurs. Les Thessaloniciens sont devenus des imitateurs de Paul et du Seigneur. Malgré de grandes tribulations comme celles d’aujourd’hui, d’ailleurs, ils ont accueilli la parole avec la joie de l’Esprit Saint; la vivre joyeusement dans la persécution devient un exemple pour les autres dans l’espérance active du retour du Christ. Les chrétiens sont invités ainsi à vivre dans l’attente du retour, des cieux, du Fils de Dieu, Jésus, qu’il a ressuscité d’entre les morts.
La première lecture aborde les devoirs envers l’immigré, la veuve, l’orphelin, le pauvre, c’est-à-dire, la protection des plus vulnérables. Combien de personnes de ce genre sont autour de nous ? Avons-nous un regard d’amour envers eux ! Privés de protection sociale ou juridique, Dieu se constitue lui-même leur défenseur. C’est ainsi que dans la justice sociale et divine, leur cri parvient directement à Dieu, et l’injustice commise à leur égard provoque sa colère et une sanction de rétribution. La première lecture lie donc la foi et l’éthique envers le prochain, préfigurant dans la tradition chrétienne l’attention portée aux plus petits.
P. Mumbere Makeo William, Scj

