Chers frères et sœurs, shalom !
Une seule et même question traverse les trois lectures de ce dimanche : qui sont les invités, et qui sont les élus ?
Isaïe nous présente, dans la première lecture, le Seigneur comme celui qui prépare un festin pour tous les peuples. « Le Seigneur préparera pour tous les peuples un festin » (Is 25,1). Voilà déjà l’invitation : Dieu appelle tous les hommes à entrer dans sa joie. Son dessein n’est pas de sauver quelques-uns en laissant les autres à leur propre sort, mais d’ouvrir à tous les portes de son salut. Et ce banquet annonce une joie définitive : Dieu essuiera les larmes et détruira la mort.
L’Évangile reprend cette image et lui donne un visage : c’est le banquet des noces du Fils. Les premiers invités refusent de venir. Alors le roi fait appeler tous ceux qui se trouvent aux croisées des chemins, « les mauvais comme les bons ». L’invitation devient universelle. Dieu appelle avant même que l’homme ait quelque mérite à présenter.
Mais Jésus introduit une distinction qui donne tout son poids à la parabole : être invité ne suffit pas. Parmi les convives, un homme est trouvé sans vêtement de noces. Il est entré dans la salle, mais il n’a pas accueilli intérieurement ce que le banquet signifie. Il y a donc une différence entre recevoir l’invitation et y répondre véritablement.
C’est là que nous rejoignons la parole finale : « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » (Mt 22,14). L’élu n’est pas celui que Dieu aurait arbitrairement choisi en excluant les autres. L’élu est celui qui, ayant reçu l’appel, se laisse transformer par la grâce. L’invitation est gratuite ; la réponse, elle, engage toute l’existence.
Et saint Paul nous montre ce que devient celui qui a véritablement répondu. Il dit : « Je sais vivre de peu, je sais aussi vivre dans l’abondance. » Sa stabilité ne dépend plus de ce qu’il possède, ni des circonstances qu’il traverse : « Je peux tout en celui qui me donne la force » (Ph 4,14). Voilà le signe de l’homme qui porte le vêtement des noces : son cœur ne s’attache plus aux choses passagères, parce qu’il a trouvé dans le Christ son véritable trésor.
Ainsi, Isaïe nous montre le banquet préparé, l’Évangile nous montre l’invitation adressée à tous, et saint Paul nous montre la vie de celui qui a véritablement accueilli cette invitation. Les trois lectures ne parlent que d’une seule chose : Dieu veut nous faire entrer dans sa joie, mais cette grâce doit devenir une vie nouvelle.
Frères et sœurs, nous sommes les invités. Nous avons reçu la foi, la Parole, les sacrements, etc. Mais sommes-nous réellement des convives transformés par le banquet ? Notre vie porte-t-elle le vêtement des noces ?
Ne nous contentons donc pas d’avoir reçu l’invitation. Demandons au Seigneur la grâce d’y répondre jusqu’au bout, afin que, de simples invités que nous sommes, nous devenions véritablement les élus de son Royaume.
P. Yanick-Dominique NZANZU Maliro, Scj

