Chers frères et sœurs, shalom !
La solennité de la Sainte Trinité, que nous célébrons aujourd’hui, nous plonge au cœur-même du mystère de Dieu. Les chrétiens croient en un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le Père est source de toute vie, le Fils est la Parole faite chair venue sauver le monde, et l’Esprit Saint est le souffle vivant qui sanctifie et accompagne l’Église. Il ne s’agit pas de trois dieux, mais d’un seul Dieu vivant dans une parfaite communion d’amour. Ainsi, dès l’origine, Dieu nous révèle que son identité profonde est l’amour partagé, la relation et la communion.
Les textes de ce jour nous révèlent justement ce Dieu profondément relationnel : un Dieu doux, un Dieu qui aime, un Dieu qui veut entrer en relation avec nous, un Dieu qui souffre lorsque cette relation est brisée. La Sainte Trinité n’est donc pas une théorie compliquée réservée aux théologiens ; elle est la révélation d’un Dieu qui vit dans l’amour et qui nous appelle à vivre de cet amour.
En effet, le Père, le Fils et le Saint-Esprit vivent dans une communion parfaite, sans domination, sans rivalité, sans mensonge. Tout est don, accueil et partage. Et c’est précisément cette vie divine que Dieu veut faire entrer dans nos familles, nos communautés et nos relations humaines.
Dans la première lecture, Dieu se révèle à Moïse comme « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ». Voilà le vrai visage de Dieu. Souvent, les hommes créent des distances, nourrissent des rancunes ou coupent les liens à cause de l’orgueil, des blessures ou des incompréhensions. Mais Dieu, lui, ne cesse jamais de chercher l’homme. Même lorsque le peuple tombe dans l’infidélité, Dieu continue de proposer l’alliance. Cela nous interpelle profondément : combien de relations détruites aujourd’hui auraient pu être sauvées si chacun acceptait de faire un pas vers l’autre ? Beaucoup veulent avoir raison, mais peu veulent sauver la relation.
Et dans l’Évangile, nous entendons cette parole centrale : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » Dieu ne sauve pas le monde par la force, mais par l’amour. Il donne ce qu’il a de plus précieux pour restaurer la relation brisée entre l’homme et lui. Le Christ vient réparer ce que le péché avait détruit. Cela signifie que toute relation blessée peut encore renaître lorsqu’il y a un amour vrai et sincère. Bien de familles souffrent aujourd’hui non pas du manque de biens matériels, mais du manque d’amour véritable, du manque d’écoute, de pardon et de présence sincère. Certains vivent dans le silence depuis des années avec un frère, une sœur, un ami ou un membre de leur famille. D’autres portent des blessures qu’ils refusent d’ouvrir à la guérison.
Pourtant, Dieu nous rappelle aujourd’hui que la communion est sacrée. En effet, la fête de la Sainte Trinité est un appel concret à réparer nos relations avant qu’il ne soit trop tard puisqu’après tout, nous ne pouvons pas prier le Dieu de l’amour tout en refusant de faire la paix autour de nous.
P. Yanick-Dominique NZANZU Maliro, Scj

